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Le Jour Où J’ai Retrouvé Ma Responsabilité (et Ma Liberté)

Il y a des dates qu’on n’oublie pas.
Des jours où quelque chose se fissure… puis se reconstruit autrement.
Pour moi, ce jour, c’est le 15 juin 2020.

Mais avant d’en arriver là, il faut remonter un peu en arrière.
Revenir à une femme qui croyait être forte parce qu’elle n’arrêtait jamais. Qui pensait que tenir signifiait réussir. Qui confondait loyauté et sacrifice.

Cette femme, c’était moi.

 

1. Quand on confond responsabilité et performance

À l’époque, je travaillais trop. Beaucoup trop.
Je ne comptais pas les heures. Je donnais tout.
Je voulais être reconnue, être « quelqu’un », cocher toutes les cases, être irréprochable. Je voulais qu’on me voie comme fiable, solide, indispensable.

En vérité, je voulais surtout être aimée.
Par mes parents.
Par mon chef.
Par l’entreprise.
Par un système qui ne voit que les résultats.

Alors j’ai continué. Toujours un peu plus.
Je disais « oui » quand tout en moi criait « stop ».
Je franchissais mes limites sans même les voir.
Je dormais mal, je mangeais vite, je courais après des objectifs qui n’étaient même pas les miens.

Mais je pensais être responsable.
Responsable = tenir.
Responsable = donner plus.
Responsable = encaisser.

J’avais tout faux.
Et je ne le savais pas encore.

 

2. La dernière année… celle où je n’avais plus de force

La dernière année, je n’allais déjà plus bien.
Je n’avais plus d’énergie. Plus de lucidité.
Mon corps tirait la sonnette d’alarme, mais je ne voulais pas l’entendre.
J’étais épuisée, vidée, découragée.
Mais paradoxalement, j’avais l’impression de ne plus pouvoir m’arrêter.

Et puis je me suis installée dans un rôle :
celui de la victime.

Je critiquais mon entreprise.
Je critiquais mon manager.
Je critiquais la pression.
Je critiquais les conditions.

Tout ça existait, oui.
Mais ce n’était pas toute l’histoire.

Ce que je refusais de voir, c’est ma part.
Là où j’avais le pouvoir d’agir autrement.
Là où j’aurais pu dire non.
Là où j’aurais pu me choisir.
Là où j’aurais pu demander de l’aide.
Là où j’aurais pu m’arrêter.

Être victime était plus confortable — on souffre, mais on ne bouge pas et on attire l’attention.
La responsabilité, elle, demande du courage.
Je n’en avais plus.
Ou je croyais ne plus en avoir.

 

3. Le 15 juin 2020 : l’effondrement qui libère

Et puis un matin, je me suis effondrée.

Mon corps avait dit : « C’est terminé. »
Mon esprit suivait à peine.
Tout était flou, lourd, impossible.

Je me suis arrêtée.
J’ai appelé le médecin.
Et ce jour-là, sans le savoir, j’ai repris ma liberté.

Pas par bravoure.
Par nécessité.
Mais parfois, c’est la vie qui vous arrête quand vous n’osez pas le faire vous-même.

 

4. La renaissance lente… et responsable

Les semaines qui ont suivi ont été étranges : un mélange de vide, de honte, de peur, de soulagement.
J’avais perdu mes repères.
J’avais perdu mon identité professionnelle.
Mais j’avais retrouvé quelque chose de plus précieux :
un espace intérieur.

Pour la première fois depuis longtemps, je pouvais me demander :

  • Comment je veux guérir ?
  • Comment je veux vivre (selon mes choix, pas ceux qu’on attendait de moi) ?
  • Qu’est-ce qui est important pour moi ?
  • Qu’est-ce qui ne l’est plus ?
  • Qui je veux devenir maintenant ?

Et surtout :

Qu’est-ce qui dépend de moi ?

Petit à petit, j’ai repris mes responsabilités.
Les vraies.
Celles qui sont à l’intérieur, pas à l’extérieur.

  • La responsabilité de m’écouter.
  • La responsabilité de prendre soin de mon corps.
  • La responsabilité de poser des limites.
  • La responsabilité de faire des choix alignés.
  • La responsabilité d’assumer les conséquences de ces choix.

Quand j’ai décidé d’entreprendre, j’ai accepté :
l’insécurité financière,
les débuts lents, très lents
le rythme à trouver,
les doutes,
la vulnérabilité.

Comme disait ma grand-mère :
« On ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et la crémière. »
J’ai enfin compris ce qu’elle voulait dire :
la liberté a un prix — et il s’appelle responsabilité.

 

5. Responsabilité : ce mot qui dit tout

Ce mot, responsabilité, vient du latin respondere, « répondre de ».
En anglais, il révèle encore mieux sa vraie nature :
response-ability — la capacité de répondre.

Pas réagir.
Pas subir.
Répondre. Répondre de ses actes, répondre aux situations, répondre à soi-même.

C’est ça que mon burn-out m’a appris.
Que même quand la vie te bouscule, il te reste un espace de liberté :
le choix de ta réponse.

Tu peux rester victime de ton passé, de ton entreprise, de tes habitudes…
Ou tu peux devenir adulte : pas dans le sens sérieux, mais dans le sens souverain.

Ce choix-là est confrontant.
Mais il est aussi le plus beau cadeau que l’on puisse se faire.

 

6. Pourquoi je suis devenue coach

Parce qu’au fond, je crois que c’est le cœur de tout travail sur soi :
revenir là où on a du pouvoir.
Là où on peut agir.
Là où on peut répondre.
Là où on est vrai, avant tout avec soi-même.

Je ne crois pas aux vies parfaites.
Je crois aux vies assumées.
Et je crois qu’à chaque fois qu’une personne reprend sa responsabilité, elle reprend un morceau de sa liberté.

C’est exactement ce que j’accompagne aujourd’hui :
ce passage de la survie à la souveraineté.
De la réaction à la réponse.
De la victime à l’adulte.

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